La base de prix BTP : la construire à partir de vos propres devis
Une base de prix BTP est la liste des ouvrages que vous vendez, chacun avec sa désignation, son unité, son prix unitaire hors taxes et son taux de TVA. La vôtre existe déjà : elle est dispersée dans vos derniers devis. La rassembler une fois vous évite de rechiffrer les mêmes ouvrages à chaque devis, et de vendre deux fois le même travail à deux prix différents.

Courtier en travaux et maître d'œuvre, cofondateur de BatiTrust
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En bref
- Une base de prix BTP regroupe vos ouvrages courants avec quatre informations par ligne : désignation, unité, prix unitaire HT et taux de TVA. Ce sont les colonnes qu'une facture doit de toute façon porter.
- La plus juste est la vôtre : partez de vos vingt derniers devis signés, gardez la meilleure version de chaque ouvrage, et complétez au fil des chiffrages.
- Un prix unitaire se construit du déboursé sec (main-d'œuvre, matériaux, matériel) vers le prix de vente, en ajoutant vos frais généraux puis votre marge.
- Le taux de TVA rangé dans la base n'est qu'un taux par défaut : il dépend du chantier (logement de plus de deux ans, nature des travaux) et se vérifie à chaque devis.
- Une base ne vaut que si ses prix suivent le marché : relisez au moins vos ouvrages les plus vendus face à vos dernières factures fournisseurs.

Sommaire
Base de prix BTP : ce que c'est
- Base de prix BTP
La liste des ouvrages qu'une entreprise du bâtiment vend, chacun décrit par une désignation, une unité, un prix unitaire hors taxes et un taux de TVA. Elle sert à composer un devis en piochant des lignes au lieu de les réécrire.
On l'appelle aussi bibliothèque d'ouvrages, bibliothèque de prix ou bordereau de prix. Sans elle, chaque devis repart d'un vieux fichier, les prix se corrigent de mémoire, et la ligne d'évacuation des gravats disparaît une fois sur deux.
Il y a le temps passé le soir à rechiffrer, et il y a les écarts : deux clients qui demandent le même ouvrage à un mois d'écart reçoivent deux prix différents, et une ligne oubliée au devis est un travail que vous ferez quand même, sans le facturer.
Base de prix du commerce ou base à vous
Il existe des bases de prix vendues toutes faites, avec des milliers d'ouvrages, leurs temps de pose et leurs prix moyens, mises à jour chaque année. Elles rendent service pour chiffrer un métier que vous pratiquez peu, ou pour vérifier qu'un prix n'est pas hors de la réalité.
Leur limite tient à leur nature : ce sont des moyennes. Elles ne connaissent ni vos fournisseurs, ni le rendement de vos équipes, ni vos frais généraux, ni votre secteur. Un prix moyen repris tel quel est soit trop haut pour signer, soit trop bas pour gagner votre vie.
Créer sa base de prix à partir de ses anciens devis
Votre base existe déjà, en morceaux, dans vos devis des derniers mois. Le travail consiste à la rassembler.
Rassemblez vos vingt derniers devis signés
Prenez les devis signés : ce sont les prix que vos clients ont acceptés. Vingt devis couvrent en général l'essentiel de ce que vous vendez réellement, bien mieux qu'un catalogue théorique.
Extrayez toutes les lignes dans un tableur
Une ligne par ouvrage, avec sa désignation, son unité, son prix unitaire HT et son taux de TVA. Ne cherchez pas encore à trier.
Fusionnez les doublons
Le même ouvrage apparaît sous trois libellés et deux prix. Gardez la désignation la plus précise et le prix le plus récent, ou celui qui vous a laissé la marge attendue.
Rangez par corps d'état
Démolition, maçonnerie, plomberie, électricité, plâtrerie, carrelage, peinture : dans l'ordre où vous construisez vos devis.
Importez, puis complétez à chaque chiffrage
La base ne sera pas complète le premier jour. Chaque nouvel ouvrage chiffré y entre, et au bout de quelques mois elle couvre presque tout.
Ce qu'une ligne de base de prix doit contenir
Les colonnes d'une base de prix sont celles que la loi demande sur la facture. Une facture porte, pour chaque prestation, la quantité, une dénomination précise, le prix unitaire hors taxes et le taux de TVA applicable, et pour une prestation, les matériaux fournis et la main-d'œuvre.
Source : Service Public Entreprendre : mentions obligatoires sur une facture (décompte détaillé de chaque prestation)Pour le dépannage, la réparation et l'entretien chez un particulier, le devis lui-même doit détailler chaque prestation en quantité et en prix, avec son prix unitaire et ce à quoi il s'applique : heure de main-d'œuvre, mètre linéaire ou mètre carré.
Source : Service Public : dépannage à domicile, contenu du devis détailléModèle
Modèle de base de prix BTP (colonnes à recopier dans un tableur)
| Corps d'état | Désignation | Unité | Prix unitaire HT | TVA |
|---|---|---|---|---|
| Démolition | Dépose de cloison non porteuse, tri des déchets et protection des ouvrages conservés compris | m² | 28,00 € | 10 % |
| Démolition | Évacuation des gravats, benne de 8 m³ | u | 420,00 € | 10 % |
| Plâtrerie | Cloison en plaque de plâtre sur ossature métallique, isolant de 45 mm, bandes et enduit compris | m² | 52,00 € | 10 % |
| Carrelage | Faïence murale, pose collée, joints compris | m² | 89,76 € | 10 % |
| Peinture | Peinture murs, deux couches de finition mate, protection des sols comprise | m² | 24,00 € | 10 % |
Ces prix sont des exemples : ce sont les vôtres qui comptent. Le prix de la faïence est calculé plus bas, dans l'exemple chiffré.
Une désignation qui dit ce qui est compris
La désignation dit ce qui est compris dans le prix et ce qui ne l'est pas. « Receveur » laisse le client libre de penser que l'évacuation est dedans. « Fourniture et pose d'un receveur extra-plat 90 × 90, raccordement à l'évacuation compris » ne laisse rien à discuter en fin de chantier.
L'unité qui suit la façon dont l'ouvrage varie
Mètre carré, mètre linéaire, unité ou forfait : choisissez l'unité selon ce qui fait varier le prix. Un ouvrage au mètre carré se réutilise en changeant la seule quantité. Un ouvrage au forfait se rechiffre à chaque fois, parce que personne ne sait plus ce qu'il contenait. Gardez le forfait pour ce qui ne se mesure pas, comme une installation de chantier.
Du déboursé sec au prix de vente : un exemple chiffré
Un prix unitaire se construit en trois temps. Le Déboursé secCe qu'un ouvrage coûte directement à l'entreprise : la main-d'œuvre, les matériaux et le matériel, sans les frais généraux ni la marge. C'est la base du calcul d'un prix de vente. additionne ce que l'ouvrage vous coûte directement : la main-d'œuvre, les matériaux et le matériel. Les frais généraux s'y ajoutent pour donner le prix de revient. La marge, enfin, donne le prix de vente hors taxes.
Prenons un mètre carré de faïence murale posée collée. Les temps, les prix d'achat et les taux ci-dessous sont des hypothèses d'exemple : remplacez-les par les vôtres.
| Poste | Calcul | Montant HT |
|---|---|---|
| Main-d'œuvre | 0,8 h × 45,00 € de coût horaire | 36,00 € |
| Faïence | 25,00 € le m², plus 10 % de chutes | 27,50 € |
| Colle et joint | forfait au m² | 4,50 € |
| Déboursé sec | 68,00 € | |
| Frais généraux | + 20 % du déboursé sec | 13,60 € |
| Prix de revient | 81,60 € | |
| Marge (bénéfice et aléas) | + 10 % du prix de revient | 8,16 € |
| Prix de vente HT | 89,76 € |
Dans cet exemple, le temps de pose pèse plus que le matériau : une erreur de 0,2 h au mètre carré coûte 9 € par mètre carré, sur toute la surface. Le taux de frais généraux, lui, est propre à votre entreprise : il se calcule sur vos comptes (loyer, véhicules, assurances, temps administratif), il ne se recopie pas d'une autre.
Une fois ce prix posé dans la base, il ne se recalcule plus à chaque devis : seule la quantité change.
TVA dans la base de prix : un taux par défaut, pas une règle
Le taux de TVA d'un ouvrage dépend aussi du chantier. Les travaux d'amélioration, de transformation, d'aménagement et d'entretien d'un logement achevé depuis plus de deux ans relèvent du taux de 10 %, ceux de rénovation énergétique du taux de 5,5 %, et la part de certains équipements ménagers, mobiliers ou gros équipements en est exclue.
Source : BOFiP, BOI-TVA-LIQ-30-20-90 : travaux portant sur des locaux d'habitation achevés depuis plus de deux ans (CGI, art. 279-0 bis)La même peinture de murs est donc à 10 % dans un appartement ancien et à 20 % dans un local commercial ou un logement neuf. Rangez dans la base le taux le plus fréquent pour l'ouvrage, comme valeur par défaut, et vérifiez-le à chaque devis selon le chantier. Une erreur de taux se paie au contrôle, et c'est l'entreprise qui la paie.
Pour les ouvrages qui mêlent pose et équipement, séparez si besoin la fourniture et la pose en deux lignes : c'est ce qui permet d'appliquer à chacune son propre taux.
Ranger sa base par corps d'état
Une base de deux cents ouvrages en vrac ne sert à rien : on perd plus de temps à chercher qu'à rechiffrer. Rangez-la comme vous construisez vos devis, par corps d'état, puis par sous-famille quand un corps d'état grossit (en plomberie : sanitaires, chauffage, alimentation et évacuation).
Si vous mettez plus de dix secondes à retrouver un ouvrage, le classement est à revoir. Ce découpage par lots est aussi celui d'un devis détaillé de type DPGF, où chaque ouvrage garde sa ligne du chiffrage jusqu'à la facture.
Les ensembles : les ouvrages qui vont toujours ensemble
Un ensemble regroupe des ouvrages que vous vendez toujours ensemble, et qui s'insèrent d'un coup dans le devis. Une salle de bains complète, par exemple :
- dépose des équipements existants ;
- évacuation des gravats ;
- reprise de l'alimentation et de l'évacuation ;
- receveur et paroi de douche ;
- meuble vasque ;
- faïence ;
- peinture du plafond ;
- nettoyage de fin de chantier.
Vous insérez l'ensemble, ajustez les quantités, et supprimez ce qui sort du périmètre. Un ensemble sert aussi de liste de contrôle : la protection et le nettoyage y figurent, et ne sortent plus du devis par oubli.
Autres candidats : une cuisine, le remplacement d'une chaudière, l'aménagement de combles, la rénovation d'une pièce sèche.
Une grille de prix par type de client
Un particulier, un architecte et un donneur d'ordre régulier n'achètent pas dans les mêmes conditions : niveau de finition, réunions et comptes rendus, délais de paiement, parfois une Retenue de garantieUne part prélevée sur chaque paiement, au plus 5 % de son montant, quand le marché la prévoit. Elle garantit la reprise des réserves et se restitue un an après la réception, sauf opposition motivée du maître d'ouvrage (loi n° 71-584).. Ces conditions coûtent, et il est normal que le prix en tienne compte.
La mécanique la plus propre : une seule liste d'ouvrages, plusieurs grilles de prix. Mêmes désignations, mêmes unités, seuls les prix changent. Vous restez cohérent d'un devis à l'autre, et vous n'appliquez plus un coefficient de tête à chaque chiffrage.
C'est aussi ce qui rend vos offres lisibles quand un maître d'œuvre vous consulte : il compare les offres ligne à ligne, et une désignation précise y vaut mieux qu'un total.
Mettre à jour sa base de prix
Avec un prix figé depuis deux ans, vous vendez au tarif d'hier et vous achetez à celui d'aujourd'hui : la différence sort de votre marge. Aucun texte ne fixe le rythme de mise à jour. Le repère le plus simple :
- relire vos trente à cinquante ouvrages les plus vendus face à vos dernières factures fournisseurs, au moins une fois par an ;
- pour le reste, appliquer une hausse par famille quand vos achats ont bougé ;
- revoir tout de suite un ouvrage dont le matériau principal a changé de prix chez votre fournisseur.
Pour mesurer la tendance, l'Insee publie chaque mois les index du bâtiment, par corps d'état : BT38 pour la plomberie sanitaire, BT46 pour la peinture et les revêtements muraux, BT47 pour l'électricité, ou BT50 pour la rénovation et l'entretien tous corps d'état. Ce sont aussi les index qui servent à réviser les prix d'un marché quand le contrat le prévoit.
Source : Insee : les index Bâtiment, Travaux publics et divers de la constructionLes erreurs qui coûtent cher
Tout mettre au forfait
C'est rapide le jour du devis, et c'est à refaire au devis suivant. Un forfait se défend mal aussi quand le client demande ce qu'il contient.
Copier un prix moyen sans le recalculer
Un prix trouvé dans une base du commerce ou chez un confrère suppose un temps de pose, un fournisseur et des frais qui ne sont pas les vôtres. Il sert à vérifier le vôtre.
Oublier les lignes qui ne se voient pas
Protection, évacuation, nettoyage, déplacements : ce sont les lignes qui manquent le plus souvent, et elles sont toujours exécutées. Mettez-les dans vos ensembles une fois pour toutes.
Laisser la base vieillir
Une base que personne ne relit finit par chiffrer des matériaux au prix d'il y a deux ans. Inscrivez la relecture dans votre calendrier, comme une échéance.

Questions fréquentes
Comment faire une base de prix dans le bâtiment ?
Reprenez vos derniers devis signés, extrayez-en les lignes, supprimez les doublons et gardez pour chaque ouvrage une désignation précise, une unité, un prix unitaire HT et un taux de TVA. Rangez le tout par corps d'état, puis complétez la base à chaque nouveau chiffrage.
Faut-il acheter une base de prix du commerce ?
Elle aide à démarrer un métier que vous ne chiffrez pas encore, ou à contrôler un ordre de grandeur. Mais ses temps et ses prix sont des moyennes : ils ne connaissent ni vos fournisseurs, ni votre taux horaire, ni vos frais généraux. Les prix que vous signez restent votre meilleure référence.
Comment calculer un prix unitaire à partir du déboursé sec ?
Additionnez le temps de main-d'œuvre multiplié par votre coût horaire, les matériaux (chutes comprises) et le matériel : c'est le déboursé sec. Ajoutez vos frais généraux pour obtenir le prix de revient, puis votre marge pour obtenir le prix de vente HT.
Quel taux de TVA mettre dans une base de prix ?
Le taux le plus fréquent pour l'ouvrage, comme valeur par défaut. En rénovation d'un logement achevé depuis plus de deux ans, c'est souvent 10 %, ou 5,5 % pour des travaux de rénovation énergétique ; sur du neuf ou un local professionnel, 20 %. Le taux se vérifie chantier par chantier.
À quelle fréquence mettre à jour sa base de prix ?
Aucune règle ne la fixe. Le repère le plus simple est de relire vos ouvrages les plus vendus dès que vos factures fournisseurs bougent, et au moins une fois par an. Les index bâtiment publiés chaque mois par l'Insee donnent la tendance par corps d'état.

