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Devis et DPGF · publié le 30 août 2026

Le DPGF, expliqué : à quoi sert la décomposition d'un prix

Vous avez reçu un dossier de consultation, et le sigle DPGF y apparaît sans être expliqué nulle part. En une phrase : c'est un devis détaillé, décomposé par lots et par ouvrages, où chaque ligne porte une quantité, une unité et un prix unitaire. Le reste de cet article explique à quoi cette décomposition sert vraiment, et pourquoi tout se joue au moment où on la rédige.

L'éditeur de devis par lots, avec ses ouvrages, ses quantités et ses prix unitaires

Ce que veut dire le sigle

DPGF est l'abréviation de décomposition du prix global et forfaitaire. Le nom dit exactement ce que fait le document : le marché annonce un prix global, forfaitaire, et le DPGF montre comment on arrive à ce prix. Lot par lot, ouvrage par ouvrage, avec des quantités et des prix unitaires qui, additionnés, donnent le total.

Le mot forfaitaire compte autant que le mot décomposition. Le prix reste ferme : détailler ne signifie pas que le montant sera recalculé selon les quantités réellement posées. Cela signifie que celui qui paie peut voir d'où vient chaque euro, et que les deux parties parlent du même périmètre.

Si le sigle ne vous dit rien, vous en produisez probablement déjà. Un devis détaillé par lots, avec les métrés en face des ouvrages, c'est un DPGF. Ce qui change quand un dossier de consultation le réclame, c'est surtout la discipline : la trame est imposée, tous les candidats répondent dessus, et les lignes ne bougent plus d'une offre à l'autre.

Un DPGF n'est pas un document de plus, à produire à côté du devis. C'est le devis, écrit assez finement pour rester utile après la signature.

À quoi il sert, concrètement

Trois usages justifient à eux seuls le temps passé à le détailler.

  • Comparer des offres ligne à ligne. Quand tous les artisans consultés chiffrent sur la même trame, avec les mêmes quantités, un écart de prix devient lisible : on voit sur quel ouvrage il se joue, et on peut poser la question au lieu de la subir.
  • Facturer à l'avancement. Une situation de travaux n'est rien d'autre qu'un taux d'exécution appliqué à des lignes. Sans lignes, il n'y a rien à quoi appliquer un taux.
  • Chiffrer un avenant sans rouvrir le marché. Une quantité qui change ou un ouvrage qui s'ajoute se valorise au prix unitaire déjà accepté, et la discussion porte sur la modification seule.

Le troisième point est celui qu'on mesure le plus tard, et c'est souvent le plus rentable. Renégocier un forfait global parce qu'une pièce a changé de destination, c'est rouvrir toute la négociation. Ajuster deux lignes à un prix unitaire convenu d'avance, c'est une conversation de dix minutes.

Un devis décomposé par lots et par ouvrages, avec quantités, unités et prix unitaires
Un DPGF, dans un logiciel : des lots, des ouvrages, une quantité et un prix unitaire par ligne. Ce sont ces lignes qui serviront ensuite à facturer.

La différence avec un devis global

Un devis global annonce un prix par lot, parfois un prix unique pour l'ensemble des travaux, accompagné d'une description en quelques phrases. Il se lit vite, il se signe vite, et il ne sert plus à grand-chose le lendemain de la signature.

Le problème n'apparaît pas au moment de signer, il apparaît trois mois plus tard. Le client conteste une prestation qu'il croyait comprise. L'entreprise demande un supplément pour un ouvrage qu'elle estimait hors périmètre. Personne ne peut trancher, parce que le document ne dit pas ce qu'il contient. Un DPGF ne supprime pas les désaccords, mais il les ramène à une ligne, et une ligne se discute.

Et le DQE, le BPU ?

Ces deux sigles circulent dans les mêmes dossiers et relèvent pourtant d'une autre logique. Un bordereau de prix unitaires, ou BPU, liste des prix à l'unité sans fixer les quantités : on s'engage sur le prix d'un mètre linéaire, pas sur le nombre de mètres. Un détail quantitatif estimatif, ou DQE, ajoute à ce bordereau des quantités estimées, principalement pour pouvoir comparer les candidats sur un total.

La différence de fond tient à ce qui vous engage : dans une logique forfaitaire, la quantité est contractuelle et le total est ferme ; dans une logique de prix unitaires, la quantité est une prévision et le règlement suit ce qui a réellement été exécuté. En pratique, les appellations voyagent d'un dossier à l'autre et ne sont pas toujours employées au même sens. Avant de chiffrer, la bonne question n'est donc pas comment s'appelle la pièce, mais si les quantités qu'elle porte vous engagent.

Comment il se structure

La structure est toujours la même, et elle se lit du plus large au plus fin.

  • Le lot : le corps d'état confié à une entreprise, gros œuvre, plomberie, électricité, peinture. C'est l'unité qu'on consulte, et celle qu'on attribue.
  • Le sous-lot, quand un lot devient trop gros pour rester lisible. Un lot électricité se découpe volontiers en courants forts et courants faibles.
  • L'ouvrage : la prestation elle-même, décrite dans les termes du métier, fourniture et pose comprises quand c'est le cas. C'est la ligne qui sera facturée.
  • La quantité et son unité : mètre carré, mètre linéaire, unité, forfait. C'est ce qui rend deux offres comparables, puisqu'elles portent alors sur le même métré.
  • Le prix unitaire, puis le total de la ligne, celui du sous-lot, celui du lot, et le prix du marché qui en découle.

Chercher un « modèle de DPGF » revient donc à chercher cette trame, pas un fichier à télécharger : la valeur du document ne tient pas à sa mise en forme, mais à la finesse du découpage et à la stabilité de la numérotation. Une ligne qui garde le même repère du chiffrage jusqu'au solde reste suivable. Une ligne renumérotée à chaque version ne l'est plus.

Les erreurs qui se paient plus tard

Des quantités approximatives

Un métré arrondi pour aller vite est une décision reportée, pas une décision évitée. En marché forfaitaire, l'écart finit en réclamation ou en avenant, au moment où le rapport de force n'est plus celui de la consultation. Et si la quantité est fausse dans la trame envoyée aux artisans, le comparatif entier est faux : tous les candidats ont chiffré la même erreur, et rien ne la signale.

Des lignes fourre-tout

« Divers et finitions, forfait » est souvent la ligne la plus coûteuse d'un DPGF. Elle ne se compare pas, puisque chacun y met ce qu'il veut. Elle ne se facture pas à l'avancement, puisqu'on ne sait pas ce qu'elle contient. Et elle devient le terrain de tous les désaccords en fin de chantier. Une ligne qui pèse lourd dans un lot sans être décrite mérite d'être ouverte.

Des unités qui changent d'un lot à l'autre

Le même ouvrage compté au mètre carré dans un lot et au forfait dans un autre rend le document illisible dès la première comparaison, et impraticable en avancement. Fixer les unités avant de chiffrer, puis s'y tenir, coûte une heure au début du chantier et en fait gagner beaucoup à la fin.

C'est lui qui rend la facturation à l'avancement possible

Voilà le point que l'on comprend en général après coup. Facturer à l'avancement, c'est dire ce qui est fait à un instant donné, et ne facturer que cette part. Or on ne peut pas dire qu'un chantier est fait à 40 %. On peut dire qu'un ouvrage précis est posé à 40 %, parce que cet ouvrage a une quantité, une unité et un prix, et que 40 % de cette ligne est un montant que personne ne conteste.

Sans décomposition, l'avancement redevient une appréciation, et une appréciation se rediscute à chaque situation. Avec une décomposition stable, la situation se construit ligne par ligne, le cumul se vérifie tout seul, et le solde n'est plus qu'une soustraction. C'est aussi ce qui permet de rattacher un avenant au marché initial plutôt que de le traiter comme un chantier à part.

Le temps passé sur le DPGF au moment du chiffrage n'est pas du temps administratif. C'est le temps qui ne sera pas passé à justifier chaque situation.
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